Pour un printemps climatique et social

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Lettre du Collectif « Changer de cap » n°4 - 22 mai 2019


24 mai - Grève mondiale des jeunes pour l’urgence climatique : syndicats et associations, rejoignez-nous !

Édito par par Maïté Siffert, membre des « Jeunes pour le climat » de Lille


Pourquoi étudier si notre avenir n’est pas assuré ? C’est la question posée par Greta Thunberg, jeune adolescente suédoise, qui a lancé le vaste mouvement de grèves scolaires pour le climat. Son appel a rapidement été entendu par la jeunesse du monde entier qui se mobilise en ce moment pour exiger des politiques plus audacieuses sur le plan climatique.

La grève mondiale des jeunes pour le climat va connaître un nouveau temps fort le vendredi 24 mai, réunissant des lycéen·ne·s, des étudiant·e·s, mais aussi toute personne qui souhaite répondre aujourd’hui à l’appel lancé par la jeunesse. Cette journée de mobilisation, deux jours avant les élections européennes, met l’accent sur l’urgence climatique et la dégradation de la biodiversité.
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Au niveau national, 31 organisations ont signé un manifeste de la jeunesse pour le climat (voir ici). Celui-ci exige une action collective pour défendre notre droit à vivre dignement sur notre planète et déclare que les jeunes vont agir pour qu’enfin des mesures concrètes, radicales et réalisables rapidement soient mises en place et nous assurer ainsi un droit à l’avenir. « Un droit qui est le nôtre et sera également celui de nos enfants ».

Une lettre ouverte a été envoyée à Emmanuel Macron, « Président des pollueurs » : « Le vendredi 24 mai, vous obligez à nouveau la jeunesse à sortir dans la rue alors même que les épreuves du Baccalauréat et autres concours approchent à grands pas. Vous dites à la jeunesse d’en faire plus, au moins nous, nous agissons ! »

Cette journée prendra des formes différentes selon les villes et les régions. À Lille, de nombreuses actions sont prévues : une réunion sur la grande place de Lille avec un Die in, une manifestation, des actions de désobéissance civile… le tout dans une ambiance festive et conviviale, les jeunes aimeraient proposer un concert pour clôturer l’évènement.

Nous demandons à la métropole de Lille la gratuité des transports en commun. Cela reviendrait moins cher aux collectivités, constituerait un encouragement fort aux transports en commun et permettrait aux plus défavorisé·e·s de se déplacer plus facilement. De plus, Lille est l’une des villes les plus polluées de France, la gratuité des transports en communs relève donc d’une nécessité sanitaire. Nous demandons la piétonisation du centre-ville, aujourd’hui envahie par la voiture. Aux supermarchés, nous demandons qu’une action d’envergure soit entreprise pour limiter les emballages et bannir les déchets plastiques. Un appel a été lancé aux mouvements écologiques et aux syndicats pour qu’ils nous rejoignent, notamment aux « Stylos rouges » qui se battent contre la réforme bancaire de l’éducation nationale et sont très sensibles à la mobilisation des jeunes.

À l’heure où les appels des scientifiques et de l’ONU se font de plus en plus pressants, nous n’avons plus le temps. Nous pouvons vivre autrement, et nous avons le devoir de le faire. Si vous aussi, vous vous préoccupez de notre avenir commun et de celui de nos enfants, si vous aussi, vous pensez qu’on peut vivre dans un monde plus juste où chacun·e serait en capacité de vivre dignement et durablement, si vous aussi, vous êtes lassé·e·s des « belles paroles » sans suites des politicien·ne·s actuel·le·s, rejoignez-nous !

Partout en France, soutenez le mouvement !



L’Europe et les jeunes pour le climat : une mobilisation transnationale


Pas de frontières pour le climat : déjà 620 points de mobilisation dans le monde pour le 24 mai ! Tous les vendredis, les grèves pour le climat des jeunes européen·ne·s continuent de mobiliser aux quatre coins de l’Europe et du monde entier, atteignant 1,6 millions de manifestant·e·s le 15 mars selon les chiffres de l’organisation Fridays For Future. Plus d'informations sur la mobilisation "Printemps Climatique 2" ici.

À l’approche des élections, les membres du mouvement citoyen European Alternatives voyagent à travers l’Europe afin de sensibiliser les populations aux questions européennes, rencontrer les élu·e·s, organiser des échanges entre membres du gouvernement et activistes. Ils et elles étaient à Marseille le 16 mai et à Paris le 20 mai. Jetez un coup d’œil à leur site internet !

Le collectif European May, en lien avec de nombreux mouvements sociaux, activistes, syndicats, ONGs et communautés européennes, coordonne tout au long du mois de mai des « actions créatives, pertubatrices et non-violentes » pour promouvoir une autre Europe, basée sur des principes d’égalité, de dignité et de justice climatique. Pour en savoir plus.



Focus : quelles propositions face à l’urgence climatique ?

Quelles sont les propositions formulées par les mouvements écologistes, les gilets jaunes et les autres mouvements citoyens ? Face à une série de crises systémiques : écologique, sociales et politiques, l’enjeu climatique est certainement celui qui domine tous les autres, car il se traduit à brève échéance par un risque mortel pour l’ensemble de l’humanité et l’équilibre de la planète. Nous mettons le focus cette semaine sur les propositions des mouvements citoyens face à l’urgence climatique, qui figurent sur le site Changer de Cap.

  • Sortir des énergies fossiles et du nucléaire, pour aller vers le 100 % d’énergies renouvelables. Cela implique de ne plus financer les industries extractives, basculer la fiscalité carbone vers les entreprises les plus polluantes, avec une fiscalité des ménages et des artisans redistributive.
  • Accélérer la transition énergétique. Fixer pour tous les usages de l’énergie (chaleur, électricité, logements et mobilité) des objectifs de long terme, avec une trajectoire cohérente à partir de scénarios. En particulier, isoler 750 000 logements par an.
  • Développer l’agro-écologie, avec l’objectif de tripler le nombre d’actifs agricoles. Cela implique une nouvelle régulation des marchés agricoles, la mise en place de ceintures gros écologiques périurbaines, une fiscalité écologique.
  • Développer l’économie circulaire, où les déchets des un·e·s sont la matière première des autres, promouvoir la sobriété et le zéro déchet, le zéro pollution. Remplacer progressivement les matières premières par des matériaux d’origine biologique.

Mais pour rendre la Terre, notre « maison commune », habitable par tou·te·s ses habitant·e·s, on ne peut pas préserver l’environnement sans réduire les inégalités, abandonner la logique de croissance et d’accumulation, respecter les droits fondamentaux, restaurer une démocratie participative. Tout est lié. D’où le focus sur trois autres séries de mesures indispensables :

  • Mettre fin aux traités bilatéraux de libre échange et remettre en cause les traités européens afin de construire de nouvelles régulations, promouvoir un autre modèle de développement reposant sur la sobriété et la reconversion écologique et énergétique.
  • Reprendre en main la finance, en instaurant un contrôle sur les banques pour les mettre au service de la société et de l’économie réelle : taxe sur les transactions financières, création d’une grande banque publique pour financer la reconversion écologique.
  • Instaurer une justice sociale et fiscale permettant à chacun·e, à travers des revenus et des conditions de vie décentes, de contribuer à la construction d’une société soutenable, et de financer la reconversion écologique grâce à une réorientation radicale du budget de l’État.



Sur le terrain, les mobilisations se diversifient

Les mobilisations du samedi sont presque partout en recul, mais les actions se diversifient, avec la multiplication des luttes contre les fermetures de services publics et les privatisations, souvent en lien avec les syndicats. Un certain nombre de collectifs citoyens se sont constituées avec des représentant·e·s de partis politiques, d’associations et souvent des gilets jaunes, dépassant les clivages des appareils nationaux. Face aux situations difficiles, des groupes développent des initiatives d’auto-organisation des citoyen·ne·s, qu’il s’agisse de défense des droits, d’accompagnement face à la numérisation forcée, de covoiturage. Les collectifs des coquelicots, les nouvelles marches pour le climat, le refus de la loi Blanquer, etc. rassemblent gilets jaunes, gilets verts et stylos rouges. De même, les projections de films font salle pleine, qu’il s’agisse de « J’veux du soleil » ou de « Qu’est-ce qu’on attend ? » ou de « Fin du moi, naissance du nous » Bref, le mouvement s’enracine.

Privatisation du barrage de Serre-Ponçon (05)
Contre la privatisation du barrage de Serre-Ponçon, nous étions 200 gilets jaunes et CGT, le 8 mai à Savines-le-Lac, avec beaucoup de jeunes dans la manifestation avec une ambiance fantastique malgré la pluie battante. Voir ici.
À Chelles (77), un collectif citoyen « Faire ville ensemble » s’est constitué. 70 à 80 personnes ont signé l’appel. Il y a un accord de tous les partis de gauche pour s’investir dans le collectif et ne rien faire contre. Ils sont conscients qu’aucun d’entre eux ne peut gagner tout seul. La construction du programme se fait à travers des réunions publiques. Des groupes thématiques se réunissent et ont écrit une charte pour dire comment ce collectif va continuer à agir, qu’il prenne la mairie ou non. Cette charte définit le positionnement des élu·e·s et la fonction du·de la maire, qui a une fonction juridique mais n’a pas à décider seul·e.
À Pont de Beauvoisin (73), les Gilets jaunes occupent le rond-point, avec beaucoup de discussions de fond, y compris sur l’écologie, avec la participation de nombreuses femmes. Grosse série de manifestations avec 5 fois 300 personnes, pour protester contre la suppression de 8 TER sur 10 sur la ligne Lyon-Chambéry. Les manifestations ont imposé le dialogue : la région a rétabli 2 TER de plus. Mais pour obtenir davantage il faudrait occuper la voie du TGV, etc., mais les usager·e·s n’osent pas entreprendre ce type d’actions. Plus d'informations ici.

À Saint-Sauveur (38) on constate un sursaut depuis le 1er mai, avec quelques nouveaux membres. Nous montons une plate-forme avec la possibilité pour tous les groupes d’un espace de discussion. Le niveau départemental se met en place. Nous avons le projet de mettre en cause le fonctionnement de la communauté de communes, qui s’aplatit devant les investisseurs privés en acceptant n’importe quel projet. Voir ici.
À Eymoutiers (Haute-Vienne) et sur tout le plateau de Millevaches un groupe très actif se réunit tous les jeudis soir en tournant dans les villages, avec d’abord une réunion sur la place publique, puis un temps pour préparer les manifestations, valider les textes de l’assemblée de Saint-Nazaire, etc. Une caravane peinte en jaune sert de porte-drapeau. Nous projetons d’organiser sur trois jours, cet été, une rencontre de « convergence des luttes » rassemblant des groupes de gilets jaunes et les nombreuses démarches citoyennes du Limousin, dans un esprit de participation citoyenne.

À Saint-Etienne, des grandes oreilles dans les quartiers pauvres
Notre correspondante à Saint-Étienne nous signale que des micros ont été installés dans le quartier de Tarentaize, le plus pauvre de la ville, pour capter des « bruits suspects ». Ces micros, reliés aux caméras de vidéo surveillance, sont censés optimiser l'efficacité d'intervention des forces de police. Une start up écran « Sérénicity » a été crée. Elle dépend de l'entreprise d'armement "Verney Caron" qui équipe la police municipale de flash-balls. Voir ici la note confidentielle publiée par la Quadrature du Net.

À Amiens (80), le groupe d’organisation des Gilets jaunes, les Réfractaires 80, se réunit tous les lundis à 10 ou 15 pour organiser la semaine de mobilisation. Le 26 mai prochain, les Réfractaires du 80 proposent une manifestation nationale à Amiens sur le thème « Macron, on vient te chercher chez toi ». L’objectif est de soulager un peu les parisien·ne·s et de faire baisser le niveau de violence à Paris... On adore ! Retrouvez ici leur page Facebook.


Comprendre et agir

« Changeons le système, pas le climat ». Mais de quel système parle-t-on ? Débat mardi 28 mai à partir de 19h au CICP, 21 ter rue Voltaire, Paris 11ème. Quel changement, pour quelle société ? Quelles alliances, et quel répertoire d’actions ? Pour débattre de ces questions en compagnie de militant·e·s d’Attac, de l’Union Syndicale Solidaires, d’Il est encore temps, de Gilets jaunes, d’Extinction Rebellion France, Partagez l’événement Facebook.

Jean-Marie Delarue : nos libertés sont menacées, soit-disant au nom de la sécurité
Jean-Marie Delarue, qui vient d’être nommé président de la commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) déclare au Monde que « nos libertés sont menacées au nom de la sécurité ». Il dénonce « la distinction entre les Français·es ordinaires et les Français·es suspect·e·s, dont la catégorie ne cesse de s’élargir, alors que ce régime de liberté est, avec la sécurité sociale, ce qui nous différencie du reste du monde ». Voir ici.

Double page du Monde sur les violences policières
Face à la montée de l’indignation, le quotidien de Xavier Niel en vient à se poser des questions : « mises bout à bout, les scènes de violence poussent à s’interroger sur l’existence d’un système facilitant les débordements ». (voir ici notre info de la lettre n°3). Il faut dire que de nombreux journalistes du Monde présent·e·s au défilé du 1er mai ont été touché·e·s par des projectiles. Voir ici.

Le Collectif Universitaire contre les Violences Policières a mis en place une cagnotte pour informer les manifestant·e·s sur leurs droits, soutenir les militant·e·s arrêté·e·s et rémunérer les avocat·e·s qui les défendent (voir ici). Et pour faire un don, c’est ici !

La structuration d’un mouvement historique : Radio Parleur fait le tour.
Après la première assemblée des assemblées fin janvier, les manifestations du samedi déclarées ou non, les violences de la police et d’une partie des manifestant·e·s, les en qui se multiplient, les multiples expériences de démocratie directe et la fraternité au quotidien… Quelles formes prend maintenant le mouvement ? Comment s’organise-t-il ? Quelles sont ses perspectives ? Retrouvez le podcast ici.


Qui sommes-nous ? Toutes les infos ici.


Ce que nous voulons : Changer de Cap !

Nous voulons contribuer au réveil citoyen sans précédent qui se poursuit depuis le 15 novembre et gagne aujourd’hui toute la société. Nous aussi, nous avons voulu nous lever.
Pour un printemps climatique et social, pour placer la question des inégalités au cœur du débat publique.
Pour la mobilisation et la convergence des acteurs et des mouvements citoyens.
Tous les 10 jours, nous déposerons dans votre boite mail un concentré d'inspiration, de propositions et de liens à activer si vous le souhaitez.
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